La calligraphie du Dr Studer

J’ai retrouvé l’écriture du Dr Studer entre les pages du dossier d’un patient aujourd’hui. Et puis, j’y ai reconnu la mienne aussi, juste une ligne, mais la mienne. J’avais 27 ans, j’étais enceinte. Tout cela n’est plus. Cet homme. Moi, jeune. Il était un patron exigeant. Pourtant, je pense que je n’ai jamais rencontré une si belle personne. J’ai appris de lui, ce que manifester de l’humanité signifie : regarder l’autre avec plus de curiosité que de jugement, ne pas oublier sa part sacré, reconnaître en l’autre une fraternité. D’avoir été regardée ainsi a changé ma vie. Cet homme est décédé il y a quelques années, pourtant ce regard continue de toucher encore et encore ma vie. La confiance est une bombe à retardement.
Alors, cet après-midi, j’ai bloqué mes émotions en retrouvant ces pages et cette magnifique calligraphie. J’ai eu peur du chagrin et de la nostalgie. Mais ce soir, dans le calme de mon bureau, je leur fais une petite place. Elles et Jean-Paul méritent une place au Panthéon de mon musée.
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La panoplie de la jardinière

Panoplie de la jardinièreParce qu’après six bouquets cueillis dans mon jardin, j’ai pensé : “je pourrais bien m’offrir cette cisaille de jardinier! ” Il me semble toujours que, d’une certaine façon, l’habit fait le moine. Cette cisaille devrait donc attester que je suis devenue une vraie jardinière. Je suis mignonne….

N’empêche : j’adore le petit clac de ma cisaille quand elle coupe une fleur. Ce petit bruit justifie à lui seul cet achat et sa place ici, au panthéon de mes objets.

La Jeunesse

Quand j’étais enfant, j’avais un paradis sur terre : la vieille maison de mes grands-parents et son grand jardin qui se finissait par un verger d’arbres fruitiers. Pour ses petits.enfants, ma grand-maman achetait de la limonade. C’était de la “Romanette”, mais ma grand-maman disait la “Jeunesse”. Je n’ai jamais su pourquoi. En y pensant, je m’imagine qu’elle devait dire à son mari : “Achète de la limonade pour la jeunesse” en parlant de ses petits-enfants. Et le terme générique était devenu celui de la boisson pétillante sucrée.

Je l’adorais alors. Cinquante ans plus tard, je ai trouvée la “Jeunesse” un peu sucrée. J’ai dû vieillir entre-temps? Néanmoins, cette bouteille méritait bien une place dans mon musée.